{"id":808,"date":"2011-04-07T09:31:37","date_gmt":"2011-04-07T08:31:37","guid":{"rendered":"http:\/\/shugyo.budo-shinkokai.fr\/?p=55"},"modified":"2012-09-01T18:45:12","modified_gmt":"2012-09-01T17:45:12","slug":"de-jutsu-a-do","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/budo-shinkokai.fr\/?p=808","title":{"rendered":"De jutsu \u00e0 Do"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/shugyo.budo-shinkokai.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/enbu11.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone\" src=\"http:\/\/shugyo.budo-shinkokai.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/enbu11.jpg\" alt=\"\" width=\"487\" height=\"315\" \/><\/a><\/p>\n<p>Je vous livre ici\u00a0 des textes, vraisemblablement \u00e9crits par P.Krieger, pris sur le site Internet de son club \u00e0 Gen\u00e8ve, et d&rsquo;autres extraits du livre, qui illustrent tr\u00e8s bien, de fa\u00e7on simple et peut \u00eatre mieux que je ne pourrais le faire ce que j&rsquo;aurais voulu exprimer.<\/p>\n<p>Veuillez excuser cette facilit\u00e9 et ce piratage, mais vous n&rsquo;y perdrez certainement pas au change.<\/p>\n<p>Origines des disciplines martiales japonaises (bud\u00f4)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans les p\u00e9riodes difficiles, il est souvent question de savoir o\u00f9 l&rsquo;on va. Ne pouvant r\u00e9pondre clairement \u00e0 cette question, posons-nous celle de savoir d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;on vient. Un bref survol des \u00e9v\u00e9nements qui ont donn\u00e9 naissance aux concepts du bud\u00f4 aura l&rsquo;avantage, esp\u00e9rons-le, de nous rafra\u00eechir la m\u00e9moire sur les buts que s&rsquo;\u00e9taient fix\u00e9s les fondateurs de nos disciplines, et de nous \u00e9clairer dans les d\u00e9cisions que nous devrons prendre demain concernant le futur de notre club.<\/p>\n<p>En 1603, apr\u00e8s environ cinq si\u00e8cles de guerres civiles, le Japon, exsangue, entrait dans une p\u00e9riode de plus de deux si\u00e8cles et demi de paix forc\u00e9e sous la f\u00e9rule des Tokugawa. La situation n&rsquo;\u00e9tait pas de tout repos. Les bushi (guerriers issus de la noblesse, plus tard appel\u00e9s samurai), ne formaient que 5% de la population. Soudain d\u00e9s\u0153uvr\u00e9s, ils sentaient leur frustration grandir au fur et \u00e0 mesure que leur inutilit\u00e9 devenait \u00e9vidente.<\/p>\n<p>Les 95% restant de la population, autrement dit le peuple, \u00e9taient divis\u00e9s en trois classes sociales bien distinctes et totalement cloisonn\u00e9es: les paysans, les artisans, et les marchands, dans cet ordre. D&rsquo;une fa\u00e7on d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, ces individus cherchaient \u00e9galement des moyens de s&rsquo;exprimer.<\/p>\n<p>Le courant de n\u00e9o-confucianisme de Wang-Yangming, rivalisant avec la doctrine orthodoxe de Chu-Hsi qui \u00e9tait encourag\u00e9e par la dictature, vint enfin au secours des bushi comme du peuple. Ce nouveau courant encourageait l&rsquo;intuition plut\u00f4t que l&rsquo;intelligence, et favorisait la priorit\u00e9 de l&rsquo;action sur les mots, du m\u00e9rite individuel sur le m\u00e9rite h\u00e9r\u00e9ditaire, etc.<\/p>\n<p>Une autre influence vint \u00e9tayer ce premier courant: le tao\u00efsme. Le tao, d\u00f4 en japonais, dont le contenu \u00e9tait assez \u00e9sot\u00e9rique en Chine, fut traduit par les Japonais en un concept plus concret : un chemin qu&rsquo;il faut suivre dans la vie, un chemin sans fin, profond, abrupt et jonch\u00e9 de difficult\u00e9s, qui doit \u00eatre parcouru afin de se cultiver soi-m\u00eame, pour finalement atteindre l&rsquo;auto perfection.<\/p>\n<div>\n<table cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\" align=\"right\">\n<tbody>\n<tr>\n<td align=\"left\" valign=\"top\"><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<p>Evolution des arts martiaux en disciplines martiales \u00ad<\/p>\n<p>Plus instruits, les bushi furent les premiers \u00e0 mettre en pratique ces concepts. Pour ces guerriers, il ne faisait aucun doute que l&rsquo;acte primait sur les mots. Cependant, tandis que le bujutsu tendait \u00e0 former des jeunes comp\u00e9tents et efficaces sur le champ de bataille, dot\u00e9s d&rsquo;un temp\u00e9rament d&rsquo;acier dont les rares cordes sensibles ne vibraient qu&rsquo;aux accents de grandeur, d&rsquo;honneur et de loyaut\u00e9, les partisans du bud\u00f4 pr\u00e9conisaient une recherche plus en profondeur. L&rsquo;adepte du d\u00f4 devait s&rsquo;harmoniser avec la nature. Son entra\u00eenement quotidien tendait vers un id\u00e9al de comportement humain qui, \u00e0 son tour, \u00e9levait l&rsquo;individu et, par cons\u00e9quent, la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle il vivait. L&rsquo;objectif culturel du d\u00f4 \u00e9tait, et devrait \u00eatre encore, de permettre \u00e0 un individu d&rsquo;\u00eatre simplement lui-m\u00eame, sans ostentation, et de b\u00e9n\u00e9ficier ainsi de contacts fructueux avec son prochain.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A travers une exp\u00e9rience personnelle intense, l&rsquo;adepte du d\u00f4 doit rechercher une compr\u00e9hension de la vie dans sa globalit\u00e9, car les formes en d\u00f4 encouragent une attitude envers la vie qui va du particulier \u00e0 l&rsquo;absolu.<\/p>\n<p>Les cons\u00e9quences techniques \u00ad Alors que le bushi encourageait la pratique d&rsquo;une palette vari\u00e9e d&rsquo;arts martiaux de fa\u00e7on \u00e0 ne pas \u00eatre pris au d\u00e9pourvu sur le champ de bataille, les adeptes du d\u00f4 favoris\u00e8rent la sp\u00e9cialisation dans une seule discipline. Cette sp\u00e9cialisation nuit fortement \u00e0 la compr\u00e9hension globale des disciplines et arts martiaux japonais, car cette tendance a fortement encourag\u00e9 le sectarisme qui r\u00e8gne encore entre les diverses disciplines. Une autre cons\u00e9quence, fut l&rsquo;apparition des arts de combat \u00e0 mains nues. Imaginons l&rsquo;application de techniques de j\u00fbd\u00f4, de karate-d\u00f4, d&rsquo;aikid\u00f4 sur un adversaire en armure qui doublait son poids tout en le prot\u00e9geant des sabres et des hallebardes&#8230; Priv\u00e9 de son armure, le samurai commen\u00e7a \u00e0 s&rsquo;int\u00e9resser de tr\u00e8s pr\u00e8s \u00e0 ces techniques.<\/p>\n<p>Enfin, la derni\u00e8re cons\u00e9quence fut la modification des techniques classiques. L&rsquo;entra\u00eenement au combat qui servait quelques-uns (les guerriers) fut modifi\u00e9 pour en faire une forme d&rsquo;entra\u00eenement accessible \u00e0 tous et praticable dans la vie courante. Alors que les kobujutsu mettaient l&rsquo;accent sur le combat, suivi de la discipline, puis de la morale, les kobud\u00f4 donn\u00e8rent la pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;ordre suivant: morale, discipline, esth\u00e9tique. L&rsquo;efficacit\u00e9 des techniques ne fut pas pour autant d\u00e9laiss\u00e9e, mais elle ne s&rsquo;appliquait plus \u00e0 des guerriers professionnels. Il faut bien comprendre que la plupart des innovateurs du kobud\u00f4 naquirent durant la p\u00e9riode d&rsquo;Edo et n&rsquo;avaient donc qu&rsquo;une exp\u00e9rience limit\u00e9e du combat.<\/p>\n<p>Notons toutefois que cette notion d&rsquo;efficacit\u00e9, mais sur un tout autre plan, fut remise en avant lors de l&rsquo;\u00e9volution des bud\u00f4 en sports de haute comp\u00e9tition, comme, par exemple, le j\u00fbd\u00f4.<\/p>\n<p>Conclusion \u00ad Il faudrait donc bien se garder de tout confondre: art martial, discipline martiale, combat de rue, sport de comp\u00e9tition, etc. Et selon nos propres aspirations, adonnons-nous \u00e0 la forme d&rsquo;entra\u00eenement qui r\u00e9ponde \u00e0 notre temp\u00e9rament. En revanche, restons clairs: pratiquer le kobud\u00f4 une fois par semaine ne fait pas de nous un bushi invincible; s&rsquo;entra\u00eener dans un sport de comp\u00e9tition dans un carcan de r\u00e8glements limitatifs ne fait pas de nous, automatiquement, un pratiquant de bud\u00f4.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je vous livre ici\u00a0 des textes, vraisemblablement \u00e9crits par P.Krieger, pris sur le site Internet de son club \u00e0 Gen\u00e8ve, et d&rsquo;autres extraits du livre, qui illustrent tr\u00e8s bien, de fa\u00e7on simple et peut \u00eatre mieux que je ne pourrais le faire ce que j&rsquo;aurais voulu exprimer. 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