Shihan ou Hanshi

Shihan ou Hanshi

ci dessous texte en anglais de Meik Skoss, paru sur Koryu .com

Traduis par une bonne volonté sur aiki-forum  (MonsieurMoufles)

Q : Est-ce que quelqu’un sait pourquoi l’Aikikai décerne le titre de shihan à ses enseignants les plus hauts gradés, alors que la ZNKR (fédération de Kendo) leur décerne un titre de hanshi ?

R : Les deux signifient « professeur », mais il ne s’agit pas simplement d’une inversion de syllabes. Un « han » désigne dans les deux cas un exemple, un modèle à suivre. Le « shi » de shihan signifie professeur ou maître. Le « shi » de hanshi signifie (grand) homme, samuraï ou combattant, homme érudit ou savant.

A ce propos, on note que si les pratiquants d’aiki se réfèrent souvent à Morihei Ueshiba en l’appelant O-Sensei (peut-être avait-il 1/256ème de sang irlandais…), les judokas préfèrent la forme « Kano Shihan ». Certes, ils utilisent eux aussi l’appellation shihan pour d’autres professeurs, mais ils réservent à Kano l’utilisation du mot comme un titre.

Enfin, concernant l’apellation O-Sensei : les aikidoka qui suivent la filiation Ueshiba (et j’en fais partie, alors ne vous excitez pas trop vite) pensent que le terme est exclusivement réservé à sensei Morihei Ueshiba. Faux ! C’est loin d’être le cas.

Ce n’est qu’une appellation témoignant d’un grand respect et je pourrais, de mémoire, citer quelques maîtres que l’on appelle ainsi. Deux sont encore vivants aujourd’hui. Ainsi, le « O-Sensei » de l’un peut n’être qu’un Monsieur Tout-le-monde aux yeux d’un autre. Cela n’a pas beaucoup d’importance mais, techniquement, on devrait dire « Ueshiba O-Sensei » en voulant désigner le fondateur de l’aïkido, ne serais-ce que pour le différencier, par exemple, de « Kato O-Sensei » (le 21ème directeur de l’école Tatsumi-ryu) ou de « Sakagami O-Sensei » (dernier directeur de l’école Itosu-ryu) ; ou encore pour le différencier de son fils le deuxième Doshu (Kisshomaru S.) ou de son petit-fils Moriteru, troisième Doshu et actuel Dojo-cho du Hombu Dojo Aikikai. Ils sont tous deux des Ueshiba Sensei, et il peut parfosi être difficile de savoir de qui on parle si on sort du contexte. Pas vraiment gênant, mais c’est à savoir….

Q : Le titre de shihan désigne donc des grands maîtres, des guides à suivre dans leur art, alors que hanshi désigne des personnes modèles, dont la vie est exemplaire. Est-ce correct ? Des idées du pourquoi de cette différenciation ?

R : Shihan désigne un exemple, un maître ou un grand professeur. Seinsei signifie aussi professeur, mais c’est plus large car c’est aussi bien utilisé pour désigner des physiciens, des dentistes, des avocats ou des politiciens. Pour désigner des professeurs universitaires on utilise le mot kyoju, ou jokyoju pour un professeur assistant. Le terme correct équivalent pour un instructeur de budo est shidoin, ou fuku shidoin pour un instructeur assistant.

Hanshi, ainsi que les titres inférieurs, kyoshi et renshi, sont connus sous le nom de shogo, titres d’école ou grades. D’après ce que j’ai pu comprendre, ils reflètent plus le temps et/ou l’implication dans l’art que les qualités techniques. Les grades « dan » sont là pour ça. Ceci semble être vrai pour tous les arts d’armes : iai, jo, juken, ken, tanken, naginata, et yumi. Pour le karatedo je ne saurai dire, tant il y a d’organisations différentes. Certaines distribuent des shogo et d’autres non. Je ne pense pas que le ZenKuRen attribue des shogo aujourd’hui, pas plus que le Kodokan ou le ZenJuRen d’ailleurs ; en tout cas pas depuis la seconde guerre mondiale. Quant aux organisations de budo qui existent aux Etats Unis, en Europe, ou dans tout autre région du monde hors du japon, je n’en sais rien.

Nombre de titres d’écoles, particulièrement ceux de personnes actives avant la seconde guerre mondiale, ont été attribués par le Butokukai, à la place des dan.
Les grades au kendo, iaido, naginata et autres sont à peu près tous apparus au lendemain de la première guerre mondiale, afin de maintenir une parité avec le judo et consécutivement à l’interdiction des arts martiaux décrétée illégitimement par le Commandement Suprême des Forces Alliés, considérés comme « propagande militariste », en réaction à des abus de l’armée japonaise pendant la guerre. C’est en tout cas ce qu’en pense et ce qu’en disent ceux avec qui j’en ai discuté, notamment des professeurs séniors. On sent d’ailleurs en eux une forme de démition, qu’ils résument par quelque chose comme: « C’était beaucoup mieux avant, mais impossible de revenir en arrière ». Evidemment, il y en a quelques autres (on parle ici de hanshi de niveau kudan ou hachidan) qui pensent que ce qui existe est meilleur que le mochi en tranches (gateau de riz japonais) et ils n’ont aucun problème avec ce qui se passe.

Meik Skoss. Tous droits réservés.

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