Kobujutsu 3° partie

Kobujutsu 3° partie

Il existe une autre famille de Kobujutsu qui entre complètement dans les disciplines qu’un guerrier devait connaître et pratiquer. Difficilement classables elles n’en sont pas moins tout aussi fondamentales.

Sans chercher à en donner tous les détails et développement on peut en citer quelque unes.

Il en est ainsi de techniques individuelles :

-Bajutsu , équitation;

– Suiei jutsu , natation;(en armure)

– Suiei Bajutsu, natation a cheval;

Une autre catégories est celle des méthodes globales de combats ou de protection :

-Senjo jutsu,  développement stratégiques des troupes;

-Noroshi jutsu, pyrotechnie;

 

-Chikujo jutsu, technique de fortifications;

D’autres arts ont été associés à la guerre.

Tous ce qui pouvait aider à la victoire était susceptible de devenir art de guerre.

La divination, la géomancie, le déguisement, l’espionnage, même l’étude des comportements en fonction des classes sociales, peuvent être des techniques utilisées pour la guerre.

Avant de se lancer dans l’analyse des kobujutsu à mains nues, qui est la dernière grande famille de Kobujutsu, il faut faire un détour par une étude des éléments « externes » influençant la pratique des techniques et leur évolution.

Les guerriers, suivant leur rang dans la hiérarchie, avaient des tenues vestimentaires différentes.

Si l’armure est un élément de base, elle pouvait avoir plusieurs apparences et degrés de sophistication.

Ainsi les armes et techniques utilisées pouvaient être différentes. Un plastron en cuir étant plus aisément percé qu’un constitué de lames de métal.

Difficile également de frapper des coups de poings sur une armure, de donner des coups de pieds en portant une armure « carapace » articulée de 40 à 50 Kg.

Les éléments culturels et historiques ayant également leur influence dans les choix des méthodes et des armes.

L’abandon successif du port de l’armure en temps de paix favorisa progressivement l’utilisation de certaines armes et l’apparition des arts à main nues.

Le sens chevaleresque attribué à la caste des guerriers, concrétisé par le Bushido, code d’honneur, minimisa l’utilisation des armes à feu, considérée comme des armes de lâche, permettant de tuer à distance sans prendre de risque pour sa propre vie.

L’organisation sociale, en classes définies, fit se développer au sein de chacune d’elles des techniques non utilisées par les autres.

Les paysans, commerçants ne portaient pas d’armes.

De fait, les techniques sans armes avaient moins d’importance. Cependant elles existaient dans les programmes des écoles traditionnelles, pour être utilisées dans l’éventualité ou le guerrier serait désarmé. Regroupées la plupart du temps sous un nom générique et plutôt définies comme méthodes utilisant le « minimum » d’armes, ou tout objet présent comme arme, souvent le petit sabre, la dague, le couteau dont le samurai se séparait le moins souvent possible.

Les formes les plus anciennes sont connues sous les termes suivant :

Ø  Yoroi kumi uchi, lutte en armure(certains kata anciens de judo sont encore exécutés de cette façon); le sens des projections et du déséquilibre devient plus aisément compréhensible. Une chute, lorsque l’on est revêtu d’une armure est très dommageable.

Ø  Kogusoku, combat revêtu d’une petite armure;

Ø  Koshi no mawari, projections;

Ø  Genkotsu, attaque des points vitaux( avec armes contre une armure),

D’autres termes employés désignant des techniques approximativement semblables :

Ø  Kumi uchi,

Ø  Koshi no wakari,

Ø  Chikara kurabe (force pure),

Ø  Sumai (sumo) lutte « sportive » de cérémonie religieuse.

Parallèlement des armes spécifiques, adaptées au combat contre le porteur d’une armure, furent développées.

Ainsi le Yoroi doshi, poignard à lame très épaisse et solide destine à s’introduire entre les jointures des pièces de l’amure(certaines techniques d’aïkido rappellent ces situations) . Un autre instrument ressemblait à un de nos ouvre-boîtes moderne.

Les techniques à mains nues destinées à combattre des adversaires non revêtus d’armures, et parfois non armés furent connues et regroupées sous plusieurs noms génériques.

Ø  Yawara

Ø  Torite

Ø  Tai jutsu

Ø  Wajutsu

Ø  Kumi uchi

Ø  Koshi no mawari

Certains de ces termes rappellent les origines, d’autres sont ceux adoptés par une école particulière, ex : Torite-kogusoku de Araki ryu, Yawara-ge de Katori Shinto ryu, Wa-jutsu de Oguri ryu, Tai-jutsu de Nagao ryu.

Le terme ju jutsu, utilisé et connu aujourd’hui, n’est apparu que plus tard. Au départ, utilisé seul, il ne fait allusion qu’a un principe « JU » de souplesse et flexibilité, de non résistance à la force de l’adversaire. Pour évoquer une technique bien précise il faut lui ajouter le nom de l’école d’origine, ex : Takenouchi, Miura, Tenshin Shinyo, Kito, Kyushin, Sekiguchi, Shin no Shindo, Yoshin, Yagyu Shingan, Daito, etc, pour n’en citer que quelques unes.

Le terme Ju jutsu fut ensuite employé de façon générique, pour désigner les méthodes de combats sans armes dont la pratique se développait à partir des périodes modernes de paix, où le port d’arme fut abandonné et où l’apparition des armes à feu modernes amenées par les étrangers rendait désuètes les techniques d’armes blanches.

C’est à partir de là que ces disciplines ont commencées leur mutation, ouvrant leur pratique à des classes sociales qui n’y avaient pas accès autrefois, les Chefs d’écoles ne connaissant d’autre métier que celui des armes, il s’agissait aussi pour eux d’une forme de reconversion.

Une certaine stagnation dans la pratique des arts traditionnels armés, n’ayant plus de raisons pratiques d’être, et correspondant à un rejet des valeurs anciennes du Japon, suite à la défaite de la deuxième guerre fut constatée.

C’est pour préserver les valeurs ancestrales de la civilisation japonaise que certains ont entamés la transformation des Jutsu en Do, modifiant les priorités, parfois les apparences techniques. Ainsi, même si les valeurs morales étaient présentent dans les enseignements anciens(Bushido), celles ci prirent le pas sur l’efficacité première. Cependant, comme nous le verrons plus tard, cet aspect n’est pas absent des pratiques d’aujourd’hui.

C’est la naissance des Kobudo, puis des Shinbudo

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